Manoir

Bretagne - 29 - Quimperlé

époque: 16e siècle, 2e moitié 15e siècle (?) - 1637

auteur(s): maître d'oeuvre inconnu

personnalité(s): Bennerven Jean (?, commanditaire)
Québlen Françoise de (?, commanditaire)
Le Roy de Keralno Jean (?, commanditaire)
Bréart de Boisanger Pierre ? (commanditaire)

historique:

Maison seigneuriale de l´ancienne paroisse de Lothéa, Québlen s´élève non loin d´un méandre de la Laïta, à l´ouest d´un ancien site fortifié (Coz Castel sur le cadastre de 1825) qui aurait été occupé par un donjon ou un premier logis seigneurial attesté à la fin du 14e siècle et alors propriété de la famille de Hautbois (Québlen en breton). Françoise de Québlen et Jean de Bennerven (mort en 1484), membre de l´administration ducale puis procureur de Cornouaille, sont peut-être à l´origine du début du chantier du logis et des communs. Le colombier semble dater du 16e siècle. Une cheminée du logis porte la date de 1637, période qui pourrait correspondre à certaines transformations faites pour Jean Le Roy de Keralno, originaire de Guérande, sergent de la gruerie de Quimperlé et alors propriétaire de Québlen. En 1697, Charles Bréart, négociant, armateur puis directeur de la Compagnie des Indes à Lorient, anobli en 1701, acquiert le domaine. Le cadran solaire placé au-dessus de la porte d' entrée du logis porte la date de 1707. C´est peut-être Pierre Bréart de Boisanger, fils du précédent, sénéchal de Hennebont, qui fait agrandir le logis, remanier les ouvertures et les charpentes ainsi que les distributions intérieures vers 1740 (cloisons, lambris avec vestiges de décor peint), tout en conservant le volume de l´ancien manoir, notamment l´aile en retour et la tour d´escalier. La façade sur cour et l´intérieur du logis ont, de nouveau, été agrandis ou remaniés vers 1900, notamment dans la la partie nord-ouest. Le jardin en terrasse à l´est a été aménagé au 19e siècle.

description:

Le logis à un étage est couvert d´un toit à croupe, à l´exception de la tour d´escalier octogonale, coiffée d´un toit polygonal et de l' aile de retour, avec toit à longs pans et pignon découvert. Le colombier, à l´origine couvert d´une voûte en pierre avec ouverture zénithale, a été tardivement couvert d´un toit conique. Les communs (ancienne métairie noble), à pignons découverts, étaient probablement couverts de chaume. L' aile en retour du logis comporte trois niveaux occupés respectivement par un cellier (ou cave) et deux chambres superposées dont celle de l' étage conserve une fenêtre avec meneau et traverse. La souche de cheminée de la chambre haute de la tour d' escalier a été supprimée. L' encadrement des ouvertures de l' aile principale est en ciment.

gros-oeuvre: schiste;granite;moellon;enduit;ciment

couverture (matériau): ardoise

étages: 1 étage carré;2 étages carrés

décor: peinture

représentation:

scène de genre

précisions: Une peinture à l' huile sur toile est encastrée dans un lambris de la salle est du rez-de-chaussée. Elle représente, placés dans un cadre bucolique (arbres, fontaine, moutons), deux joueurs d' instruments à cordes accompagnant une femme assise qui chante.

couverture (type): croupe;toit à longs pans;toit polygonal;toit conique;pignon découvert

escaliers: escalier demi-hors-oeuvre, escalier en vis sans jour, en maçonnerie

typologie: Manoir à cour ouverte. Plan en équerre. Tour d´escalier antérieure. Tour d´escalier dans l´angle. Tour d´escalier à pièce haute.

propriété: propriété privée

date protection MH: édifice non protégé MH

observations:

Ni la longue façade plusieurs fois remaniée, ni les aménagements intérieurs (distributions, lambris), ni le rajout de bâtiments annexes ne dissimulent la structure de l´ancien manoir : le plan en équerre, la tour d´escalier polygonale surmontée d´une pièce à feu, l´aile en retour à trois niveaux desservie par une vis en granite sont en place. Contemporaine du logis avec lequel elle partage le même type de cheminées, la métairie est l´un des rares bâtiments authentiques de ce type conservés en Bretagne. A la fois résidence du métayer et bâtiment à usage agricole, elle était à l´origine couverte de chaume. L´unique pièce d´habitation avec cheminée monumentale et fenêtre à coussiège est située au rez-de-chaussée, à droite. Un petit escalier en vis dans oeuvre se signale, à l´extérieur, par de petites ouvertures superposées. Les vastes volumes de l´étage et des combles aux pignons percés de baies chanfreinées destinées à l´aération servaient de greniers. L´association manoir/métairie, si fréquente dans la Bretagne rurale des XVe et XVIe siècles, ainsi qu´un traitement architectural presque identique pour l´un et l´autre bâtiment, rappellent que l´exploitation de la terre et la résidence seigneuriale étaient intimement liées.

type d'étude: inventaire topographique

date d'enquête: 2001

rédacteur(s): Douard Christel

source: Base Merimee - (c) Inventaire général, 2001



 
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