hôpital
Bourgogne - 21 - Laignes
époque: 1er quart 20e siècle, 4e quart 19e siècle - 1894
destinations successives: maison
auteur(s): maître d'oeuvre inconnu
historique:
Une ancienne fondation existait à Laignes sous l' ancien Régime, dont il ne reste plus que la chapelle. En l' an 9, il n' y avait plus dans la commune qu' un service de soins à domicile. L' activité hospitalière reprend grâce au legs de Melle Mélanie Frays en 1891 et l' hospice est installé en 1894. Des travaux ont lieu surtout entre 1903 et 1909 (communs construits par Guénon, architecte à Châtillon-sur-Seine, 1909). En 1910, l' hôpital a un médecin attitré, le docteur Le Moal et le service des soins est assuré par les trois soeurs de l' ordre du divin rédempteur, d' Epinal et Niederbronn. L' hospice, qui reçoit son règlement en 1909, faisait aussi fonction d' hôpital rural et avait une activité de maternité. En 1938, dans le contexte de l' application du décret-loi du 30 octobre 1935, l' hôpital, qui comprend deux salles de trois lits, échappe de peu à la fermeture. Ne répondant plus aux normes sanitaires, il a été fermé dans les années qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale (présence de photographies anciennes datées de 1950, 1953 et d' un carnet daté de 1950 dans la chapelle du jardin). Le bâtiment a été vendu et le nouvel établissement, une maison de retraite, a été construit entre 1972 et 1980. Il se situe derrière le mur du jardin de cette ancienne maison bourgeoise.
description:
L' ancien hôpital de Laignes consiste en un corps de logis flanqué, sur la façade postérieure d' une aile en retour flanquée à son extrémité d' une tour et sur la façade antérieure, d' une avancée qui abrite l' escalier en demi-hors-oeuvre et d' une véranda. Des bâtiments annexes, jouxtant le corps de logis principal, complètent cet ensemble. Dans le jardin, devant la façade antérieure, un oratoire en brique et brique vernissée abrite une grotte de Lourdes. Le corps de logis principal et l' aile en retour ouvrent sur une cour et sur la grille de l' entrée principale. A l' intérieur, l' édifice a gardé une grande partie de son décors d' origine, fait dans le style éclectique pour l' entrée, les pièces du rez-de-chaussée sauf la salle qui jouxte la cuisine et pour quelques pièces du premier étage. Les chambres sont numérotées jusqu' à 9. Au rez-de-chaussée, une entrée pavée de marbre rose et blanc, ouvre sur 4 portes donnant accès, à droite, à deux bureaux lambrissés et à plafonds à caissons. Le premier bureau en entrant à droite a une cheminée et un miroir. Ses lambris sont marquetés de motifs d' étoiles. Sur la gauche, une grande salle dont les deux portes sont encadrées de deux pilastres de style éclectique (néo-Renaissance et néo-classique). au fond de cette aile, la cuisine et une salle lambrissée dont les panneaux peints comportent des pilastres cannelés et des décors de vases antiques. Au premier étage, l' escalier en vis débouche sur une grande salle et une série de chambres. Tout est lambrissé, sculpté dans le goût néo-Renaissance et la dernière pièce, à laquelle on accède par un couloir, comporte un plafond peint bleu, à frise de motifs géométriques sur le pourtour. A l' extérieur, sur la façade postérieure, des portes sculptées d' emblêmes (travaux des champs, architecture) et de deux monogrammes, C et B.
gros-oeuvre: pierre;enduit
couverture (matériau): ardoise
plan: plan rectangulaire régulier
étages: rez-de-chaussée;1 étage carré;étage de comble
couverture (type): toit à longs pans;toit à deux pans;toit en pavillon
escaliers: escalier demi-hors-oeuvre
propriété: propriété privée
date protection MH: édifice non protégé MH
observations:
L'édifice est en vente. Madame Godefroy, mère de l'actuel propriétaire (0380814096), a connu l'hôpital en activité. Il est délicat de préciser l'ensemble des fonctions des pièces. L'on peut supposer que le rez-de-chaussée était dédié aux consultations et au bloc salle à manger, salon-cuisine, le premier étage, où se trouvent 4 pièces numérotées et des dégagements et sanitaires, devait abriter les malades, en chambres collectives, et la fonction de soins au bout du bâtiment, avec une communication avec l'office du rez-de-chaussée par une escalier de service. Madame Godefroy identifie les monogrammes : B pour Brigitte et JC pour Jean-Christophe. Il s'agirait des initiales du médecin et de son épouse, qui résidaient dans cet hôpital. L'intérêt de l'édifice réside dans le fait qu'il ait gardé son décor intérieur et la plupart des dispositions d'origine qui illustrent parfaitement le type de fondation hospitalière privée en vogue aux 19è et début du 20è siècle dans les bourgades rurales. Ces hôpitaux ruraux, très généralistes, abritaient des fonctions médicales de base et jouaient un rôle de premier plan dans la bienfaisance locale, depuis les lois d'assistance mises en place par la 3è République.
type d'étude: enquête thématique nationale (patrimoine hospitalier)
date d'enquête: 2003
rédacteur(s): Le Clech-Charton Sylvie
source: Base Merimee - (c) Inventaire général, 2003