ensemble fortifié : système défensif du Vallo Alpino

Provence - Alpes - Côte d'Azur - 06 - Tende

historique:

Les expériences malheureuses vécues par l' armée italienne durant la première guerre mondiale sur le front autrichien avaient porté dès 1915 l' armée à reconsidérer la validité du système défensif de la frontière, en intégrant le principe nouveau d' un plus grand développement en profondeur, appuyé sur des ouvrages plus modestes que les forts de la fin du 19e siècle, mais nombreux et comportant des ouvrages d' artillerie à souterrains casematés et de magasins actifs (la commune de Tende a été rendue à la France en 1947, par référendum) . Ces nombreux ouvrages devaient pouvoir se répartir sur l' ensemble d' un territoire étendu, avec une concentration plus dense dans les zones de passage. En théorie, les bandes échelonnées en profondeur correspondaient à une zone de sécurité, une zone de résistance et une zone de fermeture. Le concept de "zone de résistance", investi dans des ouvrages ou des groupes d' ouvrages de ce système multipolaire, est un élément essentiel de ce nouveau principe défensif. De nombreux ouvrages italiens de conception moderne, encore expérimentale, furent réalisés dès 1924-25 dans les Alpes-Maritimes sur la ligne Cadorna par la direction du Génie de la division territoriale de Cuneo. Un document récapitulatif de 1927 fait état de plusieurs réalisations d' ouvrages et bâtiments militaires dans le secteur de la Haute vallée de la Roya. Plusieurs circulaires successives, 1931 (no 200) , 1938 (no 7000) , 1939 (no 15000) permettent de compléter le dispositif appelé Vallo Alpino. Elles sont construites par des entreprises adjudicataires, très sévèrement contrôlées par les services du Génie.

description:

Le système défensif italien de la frontière dit Vallo Alpino était divisé en 10 secteurs (numérotés de I à X) divisés en sous-secteurs, eux-mêmes divisés en groupes de "capisaldi" qui comprennent chacun plusieurs ouvrages fortifiés. Les plus ponctuels sont les ouvrages d' artillerie, batteries d' artillerie permanentes (S.P.) en caverne (avec position de tir sous bloc ou ouvertes) ou à ciel ouvert, batteries semi-permanentes pour artillerie de gros et moyen calibre. On trouve des ouvrages mixtes (artillerie et infanterie) , mais les plus nombreux sont les ouvrages d' infanterie, en caverne, le tout complété par des implantations d' accompagnement "en caverne" pour les troupes. On trouve également dans les sous-secteurs des bâtiments militaires non souterrains, casernements ou casernes, certains créés au 19e siècle, la plupart construits sur des plans-types vers 1936. Les ouvrages construits de 1931 à 1942 et avant sont répartis en deux lignes au tracé très irrégulier échelonnées du sud au nord. La première ligne, commencée en 1931, adopte un tracé sinueux : Mont Peirevieille - Cime de Marta - crête de Rionard - le Géréon-Durasca/Peluna - Saint-Dalmas de Tende - côte des Spegi - versant gauche du vallon de la Minière - plan Tendasque- lac des Mesches-Valaurette/Chanvrairée. La seconde ligne, beaucoup moins dense, mise en oeuvre à partir de 1937, passe d' est en ouest par : Mont Bertrand - Croceta-Servia/Tournou - Mont Court - Vievola - Peyrefique - Gratin - Sabione;elle ne comporte aucune batterie souterraine, mais des ouvrages mixtes infanterie/artillerie. Un état de situation du 18 avril 1940 indique 15 capisaldi (groupes d' ouvrages, "forteresses" ou centres de résistance majeurs) répartis dans 5 groupes géographiques. On dénombre en tout dans le sous-secteur II A (le seul étudié ici) 78 ouvrages casematés actifs (comportant un ou plusieurs postes de tir sous bloc de béton armé) dont 10 n' ont pas été réalisés, 113 noyaux d' armes supplémentaires (dits N.A.S) . On dénombre 13 batteries, la plupart à ciel ouvert, avec ou sans abri-caverne : en tout donc 130 ouvrages actifs réalisés, sans compter une centaine de N.A.S. Le camouflage permanent est une composante de la mise en oeuvre de certains ouvrages : semis de moellons enchâssés dans le béton, couverture par un voile de ciment sur grillage imitant les formes aléatoires d' un rocher;plus rarement, l' habillage simule un petit bâtiment pastoral. Les créneaux de tirs présentent extérieurement des lignes irrégulières cassant leurs formes géométriques. A l' intérieur, les galeries et chambres-abris revêtues de béton lissé sont généralement couvertes en berceau, plein-cintre ou segmentaire (pour les plus larges) et peintes en blanc. Les casemates sous bloc sont parfois couvertes en coupole, parfois en plafond plat en hourdis employant des rails métalliques IPN.

propriété: propriété publique

type d'étude: enquête thématique régionale (architecture militaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur)

date d'enquête: 2001

rédacteur(s): Corvisier Christian;Marciano Florence

source: Base Merimee - (c) Inventaire général, 2001



 
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