tissage appelé Manufacture Laforest
Limousin - 87 - Limoges
époque: 2e quart 18e siècle - 1745
éléments remarquables: logement patronal
auteur(s): maître d'oeuvre inconnu
historique:
Après l' obtention par les frères Guy et Louis Laforest de lettres patentes du 30 juillet 1743, la première pierre de leur tissage dit Manufacture Laforest est posée en 1745. Ce tissage produit en 1765 des tissus de soie (satin, damas, ras-de-Saint-Cyr, danoises, persiennes) et de coton (basins, cotonilles, molletons, siamoises). Les frères Laforest utilisent alors de la soie du Piémont pour les chaînes, du Limousin et du Languedoc pour les trames, du coton des Iles et du Levant. En 1765, ils font appel à plusieurs filatures du département (Limoges, Solignac, Pierre-Buffière, Eymoutiers). La production est alors essentiellement destinée à la fabrication de vestes des Iles de l' Amérique. En 1808 la manufacture ne semble plus tisser que des siamoises et basins à l' instar de Castres. En perte de vitesse depuis l' époque révolutionnaire, la manufacture Laforest s' arrête dans les années 1810. Les bâtiments sont alors partagés entre les héritiers Laforest, qui scindent les locaux en deux entités distinctes : aile nord des ateliers et moitié nord du logement patronal, aile sud des ateliers et moitié sud du logement patronal. Reconvertis en habitations, débit de boisson..., les bâtiments sont progressivement détruits au cours des 19e et 20e siècles. Ainsi, en 1898 la partie nord du site est acquise et détruite par Henri Charles Lavauzelle qui y construit de nouveaux locaux (IA87000197). Actuellement ne subsiste que la partie sud du logement patronal, désaffecté. Un projet de démolition est à l' étude.
En 1765, la manufacture était équipée de 60 métiers à tisser.
description:
Le bâtiment subsistant, de plan légèrement trapézoïdal, est constitué d' un étage de soubassement, d' un rez-de-chaussée, d' un étage carré et d' un comble à surcroît. Le rez-de-chaussée est en pierre enduite, l' étage est à pan de bois enduit. L' ensemble est couvert d' un toit à longs pans en ardoise. Les élévations antérieure et postérieure sont à 5 travées. Les encadrements de baies sont en bois. Un escalier intérieur à deux volées droites à jour central probablement de la fin du 19e siècle distribue l' ensemble. A l' étage de soubassement, dans l' ancienne cuisine, subsiste une cheminée du XVIIe siècle rapportée. La plupart des pièces ont des boiseries constituées de lambris, huisseries et trumeaux de cheminées, aux ornementations de styles Louis XIV et Louis XV, représentatives de la production des menuisiers locaux dans les années 1740. Les remaniements et redistributions opérées au 19e siècle rendent difficile l' analyse. Au premier étage subsistent des vitraux sur le thème des instruments de musique, de style Art Déco, du maître verrier Francis Chigot. Le site est clos d' un mur portant une grille en fer forgé, percé d' une ouverture fermée par deux vantaux en ferronnerie, et cantonnée de deux piliers ornés de panneaux géométriques et amortis d' un oeuf.
gros-oeuvre: pierre;enduit;bois;pan de bois;fer
couverture (matériau): ardoise
étages: étage de soubassement;1 étage carré;comble à surcroît
décor: vitrail;menuiserie
représentation:
instrument de musique
précisions: Les vitraux représentant des instruments de musique et réalisés par Francis Chigot se trouvent à l' angle nord-ouest du rez-de-chaussée.
couverture (type): toit à longs pans;croupe
état: établissement industriel désaffecté;vestiges;vestiges
propriété: propriété privée
date protection MH: édifice non protégé MH
observations:
Il s'agit des plus anciens vestiges d'un établissement industriel subsistants à Limoges. Les boiseries intérieures forment un ensemble représentatif de la production des menuisiers limougeauds des années 1740.
type d'étude: patrimoine industriel (enquête partielle, commune de Limoges)
date d'enquête: 2003
rédacteur(s): Pillet Frédéric
source: Base Merimee - (c) Inventaire général, 2003;(c) Ville de Limoges, 2003