usine de boutons dite Manufacture militaire de boutons ou Manufacture royale de Quincaillerie, puis dépôt de mendicité dit Maison de correction et de refuge, puis asile d'aliénés dit Hospice départemental des aliénés, puis Asile départemental d'aliénés, actuellement Centre hospitalier spécialisé
Bourgogne - 58 - Charité-sur-Loire (La)
destinations successives: centre hospitalier spécialisé
auteur(s): George N. (architecte départemental)
Robert N. (architecte départemental)
historique:
En 1812, un dépôt de mendicité est établi dans l' ancienne Manufacture militaire de boutons, appelée Manufacture royale de Quincaillerie. Il devint Maison de correction et de refuge en 1819, puis Hospice départemental des aliénés en 1829 et Asile départemental d' aliénés en 1841, en application de la loi du 30 juin 1838. En 1896-98, l' architecte départemental George édifia dans le haut du terrain deux bâtiments en U encadrant un bâtiment en forme de pavillon et, à gauche, une série de bâtiments de plan rectangulaire. L' ancienne manufacture, incluant une chapelle, occupait le bas du terrain : elle fut démolie pour permettre à l' architecte départemental Robert de construire, en 1935-40, sept pavillons pour les malades, et divers bâtiments sur rue abritant l' administration, les magasins, les ateliers, la cuisine et la boulangerie.
description:
Les bâtiments sont répartis sur un terrain qui descend jusqu' à la Loire et organisés selon leurs fonctions : la partie inférieure est occupée par 4 pavillons alignés, à enduit ciment destinés aux femmes, et dans la partie supérieure par des bâtiments réservés aux hommes. Ce dispositif permettait de répartir les malades selon diverses catégories : "entrants, gâteux, agités, travailleurs, épileptiques et idiots". Les pavillons, de plan rectangulaire, à 2 niveaux, construits en 1935-40 se caractérisent par leur homogéneïté, leur longueur et la sévérité de leurs élévations, percées de larges fenêtres dont le système est particulier. Aux extrémités des fenêtres, 4 parties mobiles, pour l' aération. Entre ces parties mobiles, des pare-closes métalliques à écartement de 14 cm (à 18 cm, la tête et le corps peuvent passer). Ils sont construits en béton armé. Ils comprenaient, au rez-de-chaussée, une salle de jour, un réfectoire, 12 cellules et des bains;à l' étage se répartissaient deux dortoirs de 20 lits chacun, 5 chambres d' isolement, et des bains. Les bâtiments des ateliers et ceux des fonctions domestiques occupent la partie médiane du site. Les bâtiments de l' administration sont parallèles à la rue des hôtelleries et donnent sur la Loire. De plan rectangulaire, ils comprennent 12 travées ordonnancées à pilastres dont la modénature est celle des bâtiments de style art décoratif. La toiture est à croupes. L' aile gauche est surbaissée et comporte un toit terrasse et un pavillon en forme de bow window. L' aile droite , de plan rectangulaire, est également surbaissé. Le bâtiment central, dont la façade garde un aspect plus monumental, comporte 3 niveaux (rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés). Les premiers bâtiments du dépôt de mendicité ont été détruits. Seuls subsistent ceux construits au 19è siècle, qui abritent divers services (de soin, de résidence). Ils sont en pierre de taille et moellons enduits, couverts d' ardoise, à deux niveaux (rez-de-chaussée, étage carré). Un fronton triangulaire percé d' un oil de boeuf est placé au centre des corps de bâtiments principaux de chaque ensemble.
gros-oeuvre: pierre;béton;enduit;ciment
couverture (matériau): ardoise
plan: plan rectangulaire régulier;plan symétrique en U
étages: rez-de-chaussée;1 étage carré
couverture (type): toit à longs pans
escaliers: escalier intérieur;escalier hors-oeuvre
propriété: propriété publique
date protection MH: édifice non protégé MH
observations:
L'édifice, pour des raisons de sécurité et de confidentialité, n'a pu être étudié de l'intérieur. L'intérêt du site réside dans la juxtaposition de bâtiments dont la vocation est la même mais dont l'architecture est totalement différente et traduit deux conceptions de la psychiatrie. Le premier ensemble vise à donner une image collective sobre. Le traitement architectural n'indique pas, de l'extérieur, la fonction d'accueil et de soin des aliénés et les bâtiments pourraient être ceux d'un collège ou d'un séminaire, voire d'une propriété bourgeoise. Le second type de construction énonce clairement la fonction d'enfermement qui est la sienne et il y a un traitement différencié pour : l'administration, les malades et les ateliers. La conception est très technique et tributaire du contexte économique défavorable de l'époque.
type d'étude: enquête thématique nationale (patrimoine hospitalier)
date d'enquête: 2002
rédacteur(s): Sylvie Le Clech-Charton
source: Base Merimee - (c) Inventaire général, 2002